Pour aider les jeunes les plus vulnérables, on prône aujourd’hui des interventions précoces et un accompagnement pluridisciplinaire.
Ils ne sont plus tout à fait des enfants et pas encore des adultes. On le sait, les adolescents sont en proie à d’importants changements physiques, hormonaux et cérébraux. Au cours de cette période de transition à la fois physique, psychique et émotionnelle, les jeunes vivent de nouvelles expériences, font de nouvelles rencontres et connaissent leurs premiers émois. Ils sont également confrontés à leurs premiers choix de vie et d’orientation, à l’heure où sonne la fin de l’école obligatoire.
Tout cela fait de l’adolescence une période délicate qui peut en fragiliser plus d’un. Conduites à risque, consommation de substances, troubles alimentaires, anxiété ou dépression peuvent survenir et susciter des inquiétudes légitimes chez les parents. C’est parfois à l’adolescence également que se manifestent les premiers épisodes de troubles de la personnalité et de psychoses (schizophrénie).
Ne pas banaliser les signes précurseurs
Quel que soit le type de fragilité, les spécialistes prônent aujourd’hui des interventions précoces pour augmenter les chances de résilience et de guérison. Mais comment? Toute la difficulté réside dans le repérage. D’abord parce qu’il est rare que le jeune lui-même soit demandeur de soins. «Au contraire, plus il va mal, moins il va demander de l’aide, avec le risque que les problèmes se chronicisent», explique la Dre Line Guillod, coresponsable du programme Départ, rattaché au Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), destiné aux jeunes consommateurs de substances.
Ensuite, il est difficile de déterminer si la crise d’adolescence est «normale» ou si elle mérite des soins. «On peut tolérer qu’un adolescent soit triste, aille moins bien, et qu’il fasse des expériences propres à cette tranche d’âge», nuance la spécialiste. En revanche, si la souffrance est importante ou l’inquiétude trop forte, il faut en parler. Il s’agit en effet de ne pas banaliser les signes précurseurs, mais de ne pas non plus dramatiser. A cet égard, les parents, bien sûr, ont un rôle à jouer, mais ils ne sont pas les seuls. Les professionnels de tous bords (éducateurs, coachs, enseignants, etc.) qui sont en contact avec des jeunes sont aujourd’hui formés à mieux repérer ceux qui sont en difficulté, comme le veut notamment le programme du CHUV.